Les hôpitaux au Tréport durant la Grande Guerre
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Le nouveau monument en fer forgé culmine à près de 7 mètres. Symbole de paix, il devient l'unique monument du Souvenir. Les initiatives à l'occasion du 90e anniversaire de l'armistice de 14-18 ont été au cœur de l'assemblée générale de l'Amicale des anciens combattants, notamment l'inauguration d'un monument. Née au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Amicale des anciens combattants, la plus ancienne des associations tréportaises, a tenu sa 88e assemblée générale dans la salle polyvalente. Pour l'essentiel, ses activités, résumées par Guy Foire, le président, consiste à conseiller, à aider les anciens combattants ou leurs veuves pour effectuer les démarches de demandes de secours, de retraites, de pensions, auprès des différentes administrations. L'amicale met aussi un point d'honneur à participer à toutes les cérémonies patriotiques. Mais c'est surtout l'avenir de l'amicale qui préoccupe Guy Foire et son équipe : « Le dernier combattant de la guerre 14/18 a disparu, les rangs se sont singulièrement clairsemés concernant les résistants, les déportés, les combattants de 39/45. Notre génération, celle de l'Indochine, celle de l'Algérie, n'est pas éternelle. Nous avons la responsabilité de [RC]passer le relais aux jeunes afin que le devoir de mémoire perdure. »
Inaugurations en série
Un comité du devoir de mémoire a donc été créé au sein de l'amicale et participe à sa direction. Ce comité, présidé par Jean-Jacques Louvel (PS), adjoint à l'éducation, se propose de susciter des initiatives permettant aux jeunes de s'approprier l'histoire de notre pays. « Les cérémonies, l'exposition de photos sur l'hôpital militaire du Tréport, programmées lors du 90e anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918, s'inscrivent pleinement dans cette démarche », a souligné le maire Alain Longuent (PCF). Répondant au souhait formulé par les anciens combattants, un monument dédié à la paix et à toutes les victimes des guerres sera aussi inauguré le 11 novembre. Érigé sur l'esplanade de la salle Serge-Reggiani, il est conçu sous la forme d'une colombe. Alain Longuent tient à ce que les jeunes des écoles soient associés étroitement à tous ces événements qui se tiendront durant tout le mois de novembre. « Plusieurs jeunes de 13 ou 14 ans m'ont interpellé pour me demander la signification de ce monument. Pour eux la colombe évoque un oiseau. Ils ne font pas le rapport avec le symbole de la paix. » Dans ce quartier en expansion, entre l'esplanade de la salle Reggiani et le parc Sainte-Croix, la cérémonie du 11 novembre se poursuivra avec l'inauguration d'une place et d'une rue qui porteront respectivement les noms de Marcel Daragon et de Lucien Lavacry, deux résistants tréportais. Marcel Daragon est décédé dans les camps et Lucien Lavacry, déporté, disparu au début de l'année 2005, a été adjoint au maire.
De notre correspondant
JACKY MAUSSION
http://www.courrier-picard.fr/
Le 90e anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918 fera date au Tréport.
Il a été marqué par l'inauguration de nouvelles voies en hommage à deux Résistants et à un élu et par l'inauguration du nouveau monument du souvenir de la ville symbolisée par une colombe de la
Paix.

Souvenir, émotion, espoirs de Paix, tous ces sentiments ont présidé à la cérémonie organisée au Tréport à l'occasion du 90e anniversaire de l'Armistice,
cérémonie à laquelle assistait M. Olivier de Mazières, sous-préfet de Dieppe. Deux temps forts dans cette cérémonie, le dévoilement des plaques de rues qui permettent d'honorer la mémoire de deux
anciens résistants et d'un ancien adjoint au maire et l'inauguration du nouveau monument du Souvenir érigé en mémoire de tous les Tréportais qui ont donné leur vie pour la liberté et pour la
paix. Avant d'inviter Mme Beuvain à dévoiler la plaque portant le nom de son mari, Alain Longuent rappelait que William Beuvain avait fait partie de l'équipe municipale à partir de 1983 et qu'il
fut notamment adjoint à la culture. 'A ce titre, il avait ardemment réclamé cette salle culturelle à laquelle nous avons donné le nom de Serge Reggiani mais malheureusement il est disparu trop
tôt, avant même que la première pierre ne soit déposée. Donner à cette voix d'accès le nom de William Beuvain est donc tout un symbole d'autant qu'il avait vu le jour dans ce quartier. Une autre
allée menant à cette salle portera le nom de Lucien Lavacry. Il avait 15 ans lorsque débuta la deuxième guerre mondiale et c'est en travaillant chez un marchand de fruits et légumes qu'il écoute
Radio Londres. Il suit les conseils et dans le garage réquisitionné par l'occupant, il verse allègrement sucre et sable dans les réservoirs des véhicules ennemis. Lors d'un déplacement
professionnel à Rouen, il tombe sous un mitraillage et son patron est tué. Il décide à ce moment de signer un engagement pour les FTP. Il est arrêté le 18 avril 1944 et le 18 juin de cette même
année il est déporté à Dachau. Mis en quarantaine au commando d'Allach il sera libéré le 30 avril 1945 et n'aura de cesse ensuite de perpétuer le souvenir de ceux qui ont perdu la vie dans ces
camps de la mort : 'Cet univers de numéros anonymes que nous étions devenus mais aussi des frères, des frères de misère. Autre Tréportais résistant dont la place située près de la salle Reggiani
portera désormais le nom, Marcel Daragon. Il s'était engagé dans la Résistance le 1er février 1941 dans le réseau Sosie dirigé par le colonel Ponchardier. Dans ce réseau figuraient également
Edouard Rivière qui deviendra vice-amiral, Maria et René Chapelle, Julien Eldert, Klébert et Emile Lesage ou le Mersois Maurice Holleville. Arrêté le jour de Pâques 1944, Marcel Daragon est
déporté lui aussi à Dachau et il décédera dans les mines de sel de Flossenburg le 14 janvier 1945. Au coeur de ce nouveau quartier en pleine évolution se dresse désormais un monument moderne
réalisé par Alfredo Guerrero Robles, un designer d'origine mexicaine. Ce monument, largement inspiré de la colombe de Picasso. Un lieu unique d'hommage En présence d'une nombreuse assistance,
Alain Longuent expliquait la génèse de cette création : 'Depuis des décennies, chaque cérémonie patriotique donnait lieu à un cérémonial qui s'apparentait au parcours du combattant. La commune
comptait en effet plusieurs monuments difficiles d'accès parce que situés dans le haut de la ville et pour les anciens combattants, il devenait de plus en plus difficile de pouvoir participer aux
cérémonies. En accord avec ces derniers, il a donc été décidé d'édifier un monument dédié à la paix qui constituerait un lieu unique d'hommage aux victimes de toutes les guerres. Alain Longuent
évoquait également la création d'un comité de devoir de mémoire, présidé par Jean-Jacques Louvel et composé d'enfants et de petits-enfants de déportés, d'anciens combattants, de passionnés
d'histoire. 'Ce comité ne vise pas à entretenir un mythe gratuit, il consiste à marquer notre attachement à notre histoire commune, parfois tragique, parfois grandiose. Marcel Daragon fils,
président de la FNDIRP remerciait la municipalité du Tréport de son initiative et excusait M. Georges Morel, dernier rescapé des camps de la mort avant d'ajouter : 'Nos vieux adversaires,
l'oubli, le mensonge, la falsification sont toujours là. Nous les militants serons toujours là et bien là, pour agir pour cet avenir que nous souhaitons aider à construire pour nos descendant.
Auparavant, M. Foire, président des Anciens Combattants, avait rappelé par le chiffre l'horreur de cette première guerre mondiale : 13 millions de morts dont 1,4 million Français, 740 000
invalides. '90 ans après, les cicatrices de ce conflit sont toujours là et nous devons nous souvenir pour que les combattants de la grande guerre ne meurent pas une seconde fois. Olivier De
Mazières avait lu le message du secrétariat aux Anciens Combattants au pied du nouveau monument. Il avait également, en compagnie d'Alain Longuent allumé pour la première fois la flamme du
souvenir qui brûle dans une vasque placée sous le monument. Plus tard, il a tenu à féliciter la commune du Tréport pour cette manifestation remarquable et à remercier la nombreuse population
présente. 'J'ai tenu à être au Tréport car on est ici dans une terre qui est un haut lieu de Résistance. C'était important que le représentant de l'Etat ne soit pas cantonné à Dieppe pour ce type
de cérémonie et qu'il se déplace ici parce qu'il s'y est passé des choses importantes et que la population a souffert dans sa chair et qu'elle s'est mobilisée et qu'elle a montré l'exemple à bien
des aspects. Le souvenir des sacrifiés du premier conflit mondial, de ce pays qui a été saigné à blanc doit nous rappeler qu'il s'agissait du premier conflit de masse mais aussi le premier
conflit où on ne mourrait pas seulement au front. Aujourd'hui, il ne faut pas croire que l'on se contente de se rappeler le souvenir de ces victimes, on doit se prémunir pour éviter que cela ne
se reproduise. Les facteurs de guerre sont toujours là, ils sont consubstantiels à l'humanité : l'envie, le nationalisme, le fanatisme : qui aurait pu penser que huit décennies après la première
guerre mondiale, un conflit ferait 200 000 morts à deux heures d'avion de Paris. La guerre peut revenir et le seul moyen de s'en prémunir est de se souvenir ce que la guerre a coûté en terme de
vies humaines. Au cours de cette cérémonie, les enfants du conseil municipal jeunes ont lu le poème de Paul Eluard, Liberté :
Sur mes cahiers d'écoliers
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable, sur la neige
J'écris ton nom Liberté
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La visite du Khal-Bürg, forteresse construite dans la falaise en 1942, a attiré la foule. Elle devenue accessible grâce au travail réalisé par Didier Morainville et son équipe.
Les journées du patrimoine sont l'une des occasions, trop rares, de visiter le Khal-Bürg. L'ouvrage construit au cœur de la falaise en 1942, après le raid Canadien sur Dieppe lors de l'opération « Jubilée » a été particulièrement soigné par les membres du club d'histoire de l'association des anciens élèves de l'école élémentaire dirigée par Didier Morainville. Travail fastidieux qui s'est étalé sur plusieurs années et qui permet aujourd'hui de visiter le Khal-Bürg dans de bonnes conditions. L'ensemble est éclairé et l'entrée plus accessible se situe dorénavant rue du 8 mai 1945 sur la propriété de Didier Creton.
Projet de réhabilitation
Nouveauté : deux galeries permettent de découvrir les vestiges retrouvés dans la forteresse : téléphone de campagne, fusil mitrailleur MG 42, vaisselle, caisse de munitions et toutes sortes d'objets utilisés par les soldats Allemands. Il y avait beaucoup de monde, notamment des résidants du Tréport et des villes voisines, qui n'ont pas voulu rater cette occasion de découvrir ou de redécouvrir un ouvrage qui est resté dans la mémoire collective comme le symbole de l'occupation dans la région. L'ensemble est impressionnant. Au total 32 pièces, environ 225 marches et 270 mètres de galeries taillés dans la craie, la quasi-totalité de l'ouvrage est maçonnée en briques, seule une section est restée à l'état brut. Elle n'est pas visible pour des raisons de sécurité, c'est elle qui renferme le poste de tir avec un canon pointé vers le large. Didier Morainville souhaite passer à une autre étape. Un projet de réhabilitation du site est en passe de voir le jour : « Deux ouvrages très ressemblants dans la continuité de celui-ci pourraient ainsi faire partis du projet ». Selon Didier Morainville, la falaise n'a donc pas fini de livrer tous ses secrets : « À ce jour, nous avons recensé environ 80 ouvrages sur les communes du Tréport et de Mers-les-Bains. Très peu sont visibles et sombrent petit à petit dans l'oubli. Notre devoir de mémoire passe inévitablement par la connaissance de ces quelques constructions qui peuvent encore être sauvées ». Dans quelques jours, les membres du club histoire vont concrétiser l'un des objectifs. Le toit du blockhaus situé rue de Flandres-Dunkerque, englouti actuellement sous la végétation, va être réparé. Il abritait un télémètre. La visite du Khal-Bürg était organisée par Didier Morainville, Didier Creton, Rodolphe Bric et Jacques Viarre.
De notre correspondant
JACKY MAUSSION
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Le public pourra découvrir le quotidien des personnels de santé et des blessés à l'hôpital du Tréport La
ville du Tréport compte frapper un grand coup lors des cérémonies de commémoration du 90e anniversaire de l'armistice signé le 11 novembre 1918 à Rethondes en forêt de Compiègne et mettant fin à
la Grande Guerre. Une exposition mise en place par deux passionnés de cette période historique, Ridha Arfa et Bruno Garraud, invite à découvrir le vécu des acteurs de ces événements, à travers de
nombreux documents d'époque : cartes postales, cartes photos, lettres, journaux intimes, dessins… Au total, près de deux cent cinquante pièces collectées patiemment et archivées scrupuleusement
racontent le quotidien de l'infirmière Edith Appleton, du capitaine Ralph Kite, du soldat George Lloyd… Des centaines de médecins, infirmières, ambulanciers et autres personnels de santé ont
travaillé dans des conditions souvent précaires. Plus de dix mille blessés français, danois, anglais, canadiens, américains ou allemands ont été soignés à l'hôpital militaire fait de baraquements
et de tentes qui se dressaient au Tréport Terrasses, près du funiculaire.
Conférence et théâtre
Bruno Garraud présentera le mardi 11 novembre une conférence sur les hôpitaux militaires, images 3 D à l'appui - des lunettes spéciales seront fournies. Cette commémoration exceptionnelle sera
l'occasion pour la municipalité d'inaugurer le 11 novembre son monument du souvenir, œuvre de l'artiste Alfredo Guererro. Un monument qui représente la colombe de la paix. Enfin, une pièce de
théâtre évoquant à travers une correspondance épistolaire l'histoire d'un jeune couple séparé par la guerre sera donnée le 14 novembre à la salle Reggiani.
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Lors de la Première Guerre mondiale, 188 soldats du Tréport ont perdu la vie. Une saignée sans précédent. Comme partout en France, un monument aux morts voit le jour.
Oeuvre de Maxime Réal del Sarte, le monument aux morts du Tréport est inauguré le 11 novembre 1921 dans le cimetière communal. Le sculpteur, activiste de la droite nationaliste hyper patriotique, n'a pas versé pour autant dans une représentation héroïque un peu niaise. Il choisit une allégorie sobre : la ville du Tréport, sous la forme d'une femme en deuil, se penchant sur son enfant mort sous l'uniforme. La guerre, Réal del Sarte connaît. Il a laissé un bras aux Eparges en 1915 et un de ses frères est mort au Chemin des Dames.
Sous le monument, les noms des disparus s'alignent par colonnes entières. Certains, pourtant, n'y figurent pas. Ainsi Jules Bizet, sergent au 39e R.I. atteint de tuberculose, est réformé début 1915 et renvoyé dans ses foyers pour mourir vingt jours plus tard... civil.
Léon Lassire, mort à Villonette (Marne) le 7 septembre 1914 et Charles
Houisse, mort à Dormans (Marne) le 2 juillet 1918, tous deux enfants de l'Assistance Publique, n'ayant pas de famille pour demander leur inscription se retrouvent absents du monument. L'avis
officiel du second est arrivé de plus à la mairie en 1922, postérieurement à l'inauguration du monument.
Des soldats privés de la mention« Mort pour la France »
Trois soldats tréportais, Jules Delignières, Nicolas Troude et Félix Vincent, sont commémorés sur d'autres monuments que celui du Tréport.
Enfin certains soldats ont disparu de la mémoire officielle à cause d'un parcours militaire chaotique les privant de la mention « Mort pour la France ». Gabriel Fournier, né au Tréport en 1895, soldat aux Bataillons d'Afrique, est condamné le 11 janvier 1918 à deux ans de prison pour bris volontaire d'arme. Détenu au pénitencier de Bossuet (Algérie), il meurt à l'hôpital d'Arzew (Algérie) le 5 octobre 1918. Noël Bataille, né au Tréport en 1877, est condamné le 29 août 1917 à deux ans de prison pour refus d'obéissance et outrage à supérieur. Il meurt à l'atelier de prisonniers n° 51 à Monges (Puy-de-Dôme) le 13 novembre 1918. Gustave Raveau, né au Tréport en 1891, est condamné pour désertion à trois ans de travaux publics en avril 1916. Il meurt sous l'uniforme des Bataillons d'Afrique le 29 mars 1917 à Bussy-Lettrée (Marne).
Trois hommes dont les noms ne sont pas gravés en lettres d'or, contrairement à
Justinien Brémard, né à Saint-Riquier-en-Rivière en 1896. Déserteur en octobre 1915, il est condamné une première fois à trente mois de travaux publics. A nouveau déserteur en février 1916, il
écope d'une peine de sept ans de réclusion. Pour échapper à sa peine, il contracte un engagement « volontaire » aux Bataillons d'Afrique et meurt le 2 novembre 1917 à Hermonville (Marne). Malgré
sa mort au combat, la mention « Mort pour la France » ne lui est pas accordée. Son père demande néanmoins son inscription sur le monument du Tréport. La municipalité, seule juge en la matière, la
lui accorde, non sans avoir demandé l'avis préalable du ministère.
A Incheville, le soldat déserteur figure sur le monument
Même cas de figure pour Eugène Bloquet, né au Tréport en 1894. Il meurt le 10 septembre 1917 du tétanos, dans un hôpital du front. Après enquête, la mention « Mort pour la France » lui est refusée, la blessure étant vraisemblablement une automutilation. Il figure toutefois lui aussi sur le monument.
Dans deux villes voisines, relevons enfin deux cas particuliers. Celui de l'Eudois Charles Minotte, mort sous l'uniforme le 4 février 1915 à l'hôpital de Doullens et dont la famille refusera, cas rarissime, l'inscription après guerre sur le monument de la ville.
Le cas le plus curieux reste sans conteste celui de Charles Poyen, habitant d'Incheville. Soldat au 28e R.I., il est porté disparu au combat de Guise (Aisne) le 28 août 1914. Un jugement de décès est prononcé. En septembre 1939, un homme se présente à la gendarmerie de Beauvais. Il déclare être Charles Poyen, déserteur depuis août 1914 ! L'enquête confirme ses dires. Son acte de décès est annulé mais, aujourd'hui encore, son nom figure sur le monument aux morts d'Incheville ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie.
De notre correspondant BRUNO GARRAUD
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La commémoration du 11 novembre revêtira en cette année 2008 une importance toute particulière. En effet, en plus de célébrer le 90e anniversaire de la fin de ce conflit mondial avec une superbe exposition consacrée à la vocation médicale de l'espace situé au sommet des falaises (voir par ailleurs), la commune va inaugurer un nouveau monument dédié aux victimes de toutes les guerres. Et l'implantation d'un nouveau monument aux Morts est un événement d'importance pour toute commune.
Le Tréport avait déjà ses monuments, consacrés au souvenir des victimes des différentes guerres mais également au sacrifice des soldats alliés. Mais ces monuments situés dans l'enceinte du cimetière n'étaient pas faciles d'accès, notamment pour les anciens combattants et les personnes âgées et voici quelques années a germé dans l'esprit de la municipalité et des associations patriotiques l'idée d'édifier un monument du souvenir dédié à la paix. La refonte totale de l'ancien stade avec l'implantation de la salle Reggiani, la création de nouvelles voies en attendant la réfection programmée de la rue de la Digue, offrait l'opportunité d'un emplacement facile d'accès, situé à proximité de la mairie et offrant des possibilités de stationnement. Restait à trouver un monument qui symbolise l'idée de Paix et de Liberté. Pour cela, il ne fut pas fait appel à un artiste au sens propre du terme mais à un designer industriel ; Alfredo Guerrero Robles. D'origine mexicaine, Alfredo Guerrero Robles est installé depuis 5 ans dans notre région et exerce sa profession à Aumale. Il n'est pas un inconnu au Tréport puisqu'on lui doit les tricycles solaires qui ont été testés dans les trois villes soeurs et qui pourraient connaître un développement industriel intéressant.
Pour réaliser ce monument du souvenir et de l'espoir de paix, un emblème s'imposait, la colombe. 'L'idée était de représenter ce monument aux Morts avec un symbole de paix et de liberté. Il fallait qu'elle soit majestueuse mais également légère, c'est pour cela que j'ai imaginé des formes modernes pour une armature tout en légèreté. Elle a été entièrement façonnée à la main en inox et cela a demandé près de 3500 heures de travail explique le designer.
Ce 11 novembre 2008, ce monument sera donc inauguré officiellement et le nom de trois personnalités tréportaises sera donné à trois voies de ce nouvel ensemble urbain. Ces personnalités sont deux victimes de la barbarie nazie, Marcel Daragon, mort en déportation et Lucien Lavacry qui fut lui-même déporté et qui fut ensuite durant de longues années adjoint au maire. La troisième personnalité à laquelle il sera rendu hommage est Willaim Beuvain qui fut lui aussi adjoint au maire chargé notamment de la culture.
L'inauguration du monument du souvenir et des rues se déroulera à 11 heures. A 15 h 30, Bruno Garraud donnera une conférence sur les hôpitaux militaires installés au Tréport durant la première guerre mondiale. Cette conférence sera suivie d'une projection de photographies en trois dimensions.
Article rédigé par jean pierre vaneck
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