Présentation

Ce site vous propose de voyager dans le temps. Il vous fera découvrir la ville du Tréport au temps des premières cartes postales jusqu'aux dernières. Vous verrez à quoi ressemblait le premier funiculaire dont nous venons de fêter le centenaire. Vous pourrez découvrir les scènes de la plage du Tréport avec ces baigneurs d'antan, ainsi que le premier casino. Vous pourrez errer dans les jardins du Trianon, hôtel de luxe qui dominait toute la basse ville du Tréport et redécouvrir la vie des hôpitaux de fortune pendant la première guerre mondiale. Bon voyage  !

Dimanche 26 octobre 2008

Alice Isaacson est née en Irlande le 2 octobre 1874. Elle a reçu sa formation en soins infirmiers à l'hôpital St. Luke's, à Cedar Rapids, en Iowa. Après avoir obtenu son diplôme, elle a travaillé au Chicago Lying-In Hospital.

Alice a fait partie du Royal Army Medical Corps (RAMC), puis s'est jointe au Canadian Army Medical Corps (CAMC) le 29 août 1916. À partir de septembre 1916, elle a travaillé en Angleterre et en France pour l'Hôpital général canadien no 2.

Le fonds que détient Bibliothèque et Archives Canada contient deux journaux personnels d'Alice Isaacson, qui portent sur les années 1917 et 1918. Ces journaux fournissent un compte rendu du travail et des activités sociales d'Alice au cours de ces deux années. Alice suivait de près l'évolution de la guerre et faisait souvent état dans ses journaux de la progression des opérations militaires et de leur incidence sur l'hôpital. De plus, elle y exprimait largement son intérêt pour la participation des États-Unis à la guerre et y rédigeait des descriptions détaillées et éloquentes de ses voyages et de ses découvertes.

Les paragraphes suivants reposent sur des extraits de journaux d'Alice; ils donnent un aperçu de ce qu'elle a vécu pendant la guerre en reprenant ses propres mots. Les journaux sont en anglais, mais les extraits ont été traduits.


Dès mars 1917, le journal d'Alice était déjà rempli de descriptions de l'hôpital et des patients dont elle s'occupait. L'infirmière établissait souvent des rapports entre les opérations militaires et les blessés qui étaient admis à l'hôpital. Dans son journal, elle écrit : « Il y a tellement de blessés qui arrivent maintenant! Les troupes britanniques participent activement à [?] -- leur progression a été spectaculaire au cours des derniers jours -- mais cela entraîne évidemment des décès et des blessures. » (Journal d'Alice Isaacson, 15 mars 1917)

En plus d'accomplir leurs tâches régulières, certaines infirmières comme Alice écrivaient des lettres aux proches de leurs patients. À la fin de mars, Alice mentionne : « Nous avons un autre cas de tétanos dans l'aile. Pas d'espoir pour ce pauvre garçon -- j'ai écrit à sa mère tous les jours -- pas de réponse. » (Journal d'Alice Isaacson, 27 mars 1917)


Comme en témoignent ses journaux, Alice surveillait la participation des États-Unis à la guerre avec grand intérêt. Même si elle a travaillé pour le RAMC et le CAMC, elle avait passé plusieurs années aux États-Unis pour suivre sa formation d'infirmière. L'entrée des États-Unis en guerre, en 1917, a vivement suscité son intérêt : « Beaucoup d'émotions aujourd'hui -- le Sénat américain a voté en faveur de la guerre contre l'Allemagne! » (Journal d'Alice Isaacson, 4 avril 1917) « C'est réjouissant de voir le drapeau américain flotter partout aux côtés de ceux des Alliés! » (Journal d'Alice Isaacson, 7 avril 1917)

Alice fait de nouveau mention des forces américaines en juillet 1918 : « L'intervention des Américains est remarquable -- ils reçoivent de nombreux éloges de la part de toutes les troupes alliées. » (Journal d'Alice Isaacson, 29 juillet 1918)


Plusieurs pages des journaux d'Alice sont émaillées de descriptions des victimes des attaques aux gaz, qui étaient fréquentes au cours des combats en 1917. Les descriptions qu'Alice faisait de ses patients étaient remplies de compassion et très révélatrices : elles exposaient sans détour les effets que les gaz produisaient sur ses patients. Par exemple, en juillet 1917, Alice écrit : « Gros convoi ce soir. Plusieurs victimes sont intoxiquées par les gaz ou brûlées par des obus chimiques. Certaines sont affreusement blessées, surtout aux yeux. Les nouveaux masques à gaz introduits récemment se révèlent inadéquats; les gaz pénètrent dans le masque et le brûlent. » (Journal d'Alice Isaacson, 17 juillet 1917)

Quelques jours plus tard, elle ajoute : « Un convoi est arrivé ce soir. Des victimes des gaz -- 300 hommes brûlés par [?], un nouveau gaz utilisé par les Allemands, qui est imperceptible sur le moment. Après quelques instants, la victime se rend compte que son nez, sa gorge et ses yeux sont horriblement brûlés. En peu de temps sa respiration devient très pénible, car la brûlure s'étend à l'ensemble des muqueuses (pulmonaires). » (Journal d'Alice Isaacson, 24 juillet 1917)

Toujours en juillet, Alice écrit: « Un autre gros convoi a été admis […] Entre trente et quarante décès par jour. » (Journal d'Alice Isaacson, 26 juillet 1917) Puis, le 29, elle poursuit : « Les décès continuent de se produire. Des proches arrivent d'Angleterre […] » (Journal d'Alice Isaacson, 29 juillet 1917)

Au cours des mois suivants, Alice a continué à décrire les blessures subies au cours de la bataille d'Ypres. Alice confiait rarement ses propres émotions par rapport à la guerre, mais s'appliquait plutôt à décrire ses patients et leurs souffrances. En octobre 1917, elle donne toutefois une indication de son état : « 1795 patients dans l'hôpital! Des convois amènent et évacuent des patients tous les jours. Chaque soir surviennent un ou deux décès et plusieurs hémorragies! Les sœurs travaillent à la sueur de leur front, mais jamais aucune ne se plaint. » (Journal d'Alice Isaacson, 11 octobre 1917)

Le 2 novembre 1917, Alice a reçu un message l'informant de son transfert à l'Hôpital général canadien no 6, près de Paris, en France. Elle écrit à propos de ce transfert : « En service dans la salle 31, avec les sœurs Patton et Thompson -- quel changement par rapport à Le Treport et à l'Hôpital général no 2! » (Journal d'Alice Isaacson, 7 novembre 1917)


La première section du deuxième journal d'Alice est consacrée à des descriptions d'endroits qu'elle a visités et de paysages qu'elle a vus au début de janvier, pendant son congé. Par la suite, elle s'est mise à écrire des textes plus courts, racontant principalement son travail et ce qui se passait à l'hôpital. Par exemple, voici les seules lignes qu'elle écrit le 21 mars 1918 : « La grande offensive est amorcée! Les Allemands lancent de violentes attaques! Terribles nouvelles du front occidental. » (Journal d'Alice Isaacson, 21 mars 1918)


Alice décrit avec émotion et compassion les réfugiés qu'elle a rencontrés en France : « Les casernes se remplissent de réfugiés de Soissons. Pauvres gens! Des vieillards, hommes et femmes, des enfants de tous les âges, dont certains ont à peine deux semaines, et de pauvres mères affolées! Des gens fatigués, sales et affamés, qui ont le cœur brisé! Quatre enfants ont perdu leur mère, et une autre mère a perdu ses enfants -- elles les a placés dans une voiture le temps de s'affairer à autre chose, et lorsqu'elle est revenue, ils avaient disparu. » (Journal d'Alice Isaacson, 30 mai 1918)


En plus de s'occuper de nombreuses victimes à l'hôpital, Alice et les autres membres du personnel de l'hôpital devaient faire face à la menace des raids ennemis. « Nous avons vécu notre premier raid ce soir (notre premier à Paris). » (Journal d'Alice Isaacson, 28 juin 1918) Voyant que les raids sur la ville se poursuivaient, Alice s'est demandée « si les nuits ne seraient jamais paisibles à nouveau ». (Journal d'Alice Isaacson, 30 juin 1918)


Dans ses journaux, Alice parlait régulièrement des endroits qu'elle avait vus au cours de ses voyages et de ses congés. Elle adorait la nature et se plaisait à admirer la beauté des forêts et des jardins situés tout près. Elle décrivait avec passion des œuvres d'art, des manifestations culturelles, des cathédrales et d'autres édifices qu'elle visitait et dont l'architecture était exceptionnelle. Les textes qu'elle a écrits plus tard révèlent la nostalgie qu'elle éprouvait en constatant les ravages de la guerre dans les campagnes.

En retournant à l'hôpital après un congé, Alice a parcouru la campagne française où elle avait déjà travaillé. Elle a ainsi pu voir la dévastation causée par la guerre. Elle écrit à ce propos :Une agglomération de scènes de guerre! Espérons que, d'ici quelques mois, ces scènes feront partie du passé et que les paysans français [...] laboureront ces champs et pourront élever leur petite famille dans la paix et la tranquillité! […] En retournant à Paris, nous avons traversé lentement la pauvre ville d'Amiens, en ruines. Quelle déplorable scène de destruction, quel gâchis! Nous n'avons pu voir aucune maison intacte -- il y a des maisons coupées en deux et qui ont de grands trous dans le toit et les murs. Dans certaines d'entre elles nous pouvions voir des meubles toujours en place ou partiellement abîmés et des tableaux de travers sur les murs.
(Journal d'Alice Isaacson, 18 septembre 1918)


Au cours des derniers mois que couvre son journal, Alice a souvent fait état de l'atmosphère politique et de l'orientation de la guerre :La Bulgarie s'est rendue aux Alliés, et l'Allemagne et l'Autriche ont réclamé des accords de paix. L'Autriche sollicite instamment un armistice immédiat. Entre-temps, les Alliés remportent de grandes victoires. La Belgique et la France sont évacuées, les villes qui sont occupées par les troupes allemandes depuis quatre ans sont finalement libérées, et les réfugiés s'empressent de retourner chez eux.
(Journal d'Alice Isaacson, 31 octobre 1918)

Peu avant la fin de la guerre, Alice écrit : « L'armistice de l'Autriche a été signé […] L'Allemagne demande aussi un armistice […] Un armistice de 72 heures a été proposé et refusé. Les armées alliées progressent rapidement vers la frontière de l'Allemagne, et tous les événements annoncent la conclusion imminente du conflit. » (Journal d'Alice Isaacson, 10 novembre 1918)

La joie d'Alice était manifeste lorsqu'elle a décrit la fin officielle de la guerre : « Aujourd'hui, à 11 h, les canons ont annoncé la signature de l'armistice avec l'Allemagne! La guerre est finis [sic -- en français dans le texte]! Tous les soldats sont fous de joie! Comme ils se sont réjouis dans la salle commune de l'hôpital lorsque les canons se sont mis à proclamer la paix! » (Journal d'Alice Isaacson, 11 novembre 1918) Elle a raconté les célébrations qui avaient eu lieu dans les rues et a décrit l'allégresse des gens. Elle a également fait une observation intéressante sur les troupes américaines, qu'elle surveillait de près, comme en témoigne son journal. Elle a écrit à leur propos : « C'est difficile à croire, mais Paris semble avoir oublié que les soldats britanniques se sont battus et ont sacrifié des vies pour la France pendant quatre longues années, et même plus. Aujourd'hui, seuls les soldats américains, qui sont intervenus récemment, sont acclamés et fêtés. Comment peuvent-ils oublier si rapidement? Les drapeaux américains flottent aux côtés du drapeau tricolore de la France, mais le bon vieux Union Jack n'est que rarement de la partie! » (Journal d'Alice Isaacson, 13 novembre 1918)
Source

Source : l'appel du devoir, les infirmières militaires canadiennes :
http://www.collectionscanada.gc.ca/nursing-sisters/025013-2303.03-f.php?PHPSESSID=hopo09oon0uf2r88oqim9o62k4&document_cde=1&interval=&total=232&list_cde=&sequence_nbr=1 

 

« Plusieurs changements se sont produits sur la scène politique et militaire. »
(Journal d'Alice Isaacson, 31 octobre 1918) « Tous les petits villages et hameaux aux environs d'Amiens présentent le même spectacle de destruction et de désertion. »
(Journal d'Alice Isaacson, 18 septembre 1918) « Admissions et évacuations sont les mots d'ordre! Nous sommes littéralement devenus un poste d'évacuation sanitaire. »
(Journal d'Alice Isaacson, 4 juin 1918) « Les casernes se remplissent de réfugiés de Soissons. Pauvres gens! »
(Journal d'Alice Isaacson, 30 mai 1918) « Une nouvelle année commence! Personnellement, je n'ai aucun regret de l'année qui vient de se terminer, et que peu d'espoir pour celle qui commence! »
(Journal d'Alice Isaacson, 1er janvier 1918) « Des convois arrivent à tout moment »
(Journal d'Alice Isaacson, 11 avril 1917) « Une bonne nouvelle aujourd'hui! Les États-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec l'Allemagne! »
(Journal d'Alice Isaacson, 10 février 1917) « Il y a tellement de blessés qui arrivent maintenant! »
(Journal d'Alice Isaacson, 15 mars 1917)
par Phil publié dans : Scènes militaires au Tréport
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Samedi 25 octobre 2008
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par Phil publié dans : Le trianon
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Vendredi 24 octobre 2008

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par Phil publié dans : L'église et les monuments funéraires du Tréport
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Vendredi 24 octobre 2008

Paru dans le JDD Dimanche 11 Mai 2008

Par Anne-Laure BARRET
Le Journal du Dimanche


Durant la Grande Guerre, quelques 600 poilus sont exécutés "pour l'exemple". Leur crime? Avoir déserté la ligne de front. Quatre-vingt dix ans après, leur réhabilitation est à l'étude. C'est ce qu'a annoncé dimanche sur France Info le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Jean-Marie Bockel. Le JDD a rencontré des personnes qui se battent pour la mémoire de ces soldats.
C'est un médecin qui s'est mis en tête de prendre soin d'un mort. Dès qu'il range son stéthoscope, Bruno Garraud, généraliste au Tréport (Seine-Maritime), plonge dans l'histoire de la Première Guerre mondiale, son autre passion. Une voisine d'un certain âge attire un jour son attention sur le malheureux destin d'un certain André Lecroq, fusillé pour l'exemple en 1915. Après l'armistice, alors que l'on pleurait les poilus tombés au champ d'honneur, le soldat Lecroq fut, lui, banni du monument aux morts et sa veuve privée de pension. Son crime ? Avoir abandonné la ligne de front pour rejoindre, dans un état second, le poste de commandement.

Là où la justice militaire a condamné un "abandon de poste", Bruno Garraud diagnostique, en s'appuyant sur le compte rendu du conseil de guerre, un état de folie passagère. "Ce n'était ni un salaud ni un lâche, plutôt un courageux. Mais la guerre l'a rendu fou." Comme l'attestent les archives, Lecroq aurait mérité la clémence réclamée par ses supérieurs directs. Mais "le général de brigade a voulu faire un exemple. Le combat était rude, il fallait stimuler les troupes". A force de conviction, le médecin a obtenu que le nom du soldat fusillé ("une victime de guerre comme les autres") soit rajouté sur le monument aux morts.

Preuve que tous les comptes n'ont pas été soldés avec la plus grande saignée de l'histoire de France. Quatre-vingt-dix ans après la fin du conflit, ils sont encore des dizaines de remue-mémoire à se battre pour le souvenir des quelque 600 poilus fusillés pour l'exemple entre 1914 et 1918. Parmi eux, on trouve des passionnés d'histoire déterminés à laver l'honneur de ces anti-héros, des descendants des combattants frappés d'opprobre qui bataillent pour déterrer les secrets de famille et une poignée de militants pacifistes, convaincus que l'heure de la réhabilitation a enfin sonné.


"Le droit à la désobéissance"

Fer de lance de ce combat avec la Ligue des droits de l'homme (LDH), l'association La libre pensée - qui organise un rassemblement samedi prochain à Craonne (Aisne) - a été reçue le mois dernier par Edouard Guillaud (1), chef d'état-major particulier du président de la République. "Nous avons été écoutés avec attention. Serons-nous entendus ? Il est difficile de faire un pronostic. D'un côté, il n'est pas impossible que les choses bougent car ce serait un beau symbole pour le 90e anniversaire de la fin de la guerre. De l'autre, il est à craindre qu'un gouvernement de droite ne veuille pas mettre en avant le droit à la désobéissance", hésite Christian Eyschen, secrétaire général de l'association.

Si l'Elysée se refuse à tout commentaire, le dossier y est bien à l'étude, dans le cadre d'une réflexion plus globale sur la commémoration de 14-18 après la mort du dernier poilu français. Même prudence dans l'entourage du secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, où l'on précise toutefois avoir exhumé les minutes des conseils de guerre de l'époque : "Nos spécialistes ont commencé l'examen des 600 condamnations à mort."

La demande de réhabilitation des fusillés pour l'exemple n'est pas nouvelle. Venu honorer la mémoire des combattants du Chemin des Dames, à Craonne, en 1998, Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait souhaité que les fusillés "réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale". Le discours avait suscité un tel tollé à droite, en cette période de cohabitation, qu'il avait été abandonné en rase campagne. "L'opinion publique est peut-être plus mûre aujourd'hui. Le président de la République pourrait avoir la tentation de faire un joli coup politico-historique en abordant un thème cher à la gauche au moment où la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne", analyse un connaisseur de la question.


"Le temps d'une mémoire apaisée"

Au niveau local, en tout cas, le clivage droite-gauche s'est évaporé. Le conseil général de l'Aisne a ainsi adopté, le 16 avril dernier, à l'unanimité, un voeu invitant la France à "reconnaître" les fusillés et à inscrire leurs noms sur les monuments aux morts : "Sans chercher à réécrire l'histoire ou à l'instrumentaliser, peut désormais venir, après le temps des tabous et des polémiques, le temps d'une mémoire apaisée."

Les historiens, eux, ne sont ni unanimes... ni apaisés. Jean-Jacques Becker, professeur émérite de l'université Paris X-Nanterre et grand spécialiste de la guerre (2), est plutôt hostile à une éventuelle réhabilitation. "De quoi se mêle le conseil général de l'Aisne ?" demande-t-il. La notion même d'exemplarité des condamnations lui semble discutable: "Ces soldats ont été jugés par les tribunaux militaires, il y a sans doute eu des erreurs judiciaires mais la forme a été respectée. Il serait faux de dire qu'ils n'étaient coupables de rien."

S'il refuse de prendre une position tranchée, le général André Bach (3), ancien chef du Service historique des armées, estime, lui, que le sort des fusillés mérite d'être réexaminé : "Les contraintes sur la troupe ont été très fortes. Dès le début de la guerre, on a fusillé pour l'exemple, les archives le démontrent." Cet ancien parachutiste ajoute qu'il n'est jamais inutile de lever le voile sur les tabous: "La peur dans les yeux des soldats, je l'ai vue pendant la guerre du Liban. Cette expérience du terrain a peut-être nourri ma réflexion."

(1) Un rendez-vous rapporté par le site Mediapart.
(2) L'Année 14, Armand Colin.
(3) Fusillés pour l'exemple - 1914-1915, Tallandier.

 

par Phil publié dans : Oeuvres diverses
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Jeudi 23 octobre 2008
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Dany Laurent, professeur d’histoire originaire du Tréport et membre actif de l’association des Enfants du Vieux Tréport, vient tout juste de publier un livre intitulé “Le Tréport et ses gens de mer aux XVIIe et XVIIIe siècle”, sorti le week-end dernier. Ce livre est en fait l’aboutissement de nombreuses années de travail menées dans le cadre d’un mémoire de maîtrise universitaire; en effet, en 1987, Dany Laurent a commencé à copier un à un les différents actes de baptêmes, de mariages et de sépultures concernant la ville du Tréport, d’abord datant du XVIIIe siècle, puis du XVIIe. Au total, la consultation des archives municipales et départementales l’ont amené à recenser plus de 16000 actes et à reconstituer et classer les familles, par ordre alphabétique et par couple. Une fois recopiées, ce sont 2000 fiches de familles que Dany Laurent a enregistrées sur ordinateur. Ces 500 à 1000 pages de statistiques ont ensuite permis à cet historien passionné d’étudier les mouvements de conception et de mariage des gens; ainsi, il s’est par exemple rendu compte qu’à cette époque là, lors de la saison du hareng, les mariages et la conception d’enfants diminuaient systématiquement.

 

Avec cet ouvrage, réplique exacte de son mémoire universitaire (les bibliographies en moins), Dany Laurent avait pour objectif de réaliser un livre pédagogique accessible à tous. C’est dans cette optique que parmi les 160 pages que comprend l’ouvrage, l’historien a décidé d’insérer plus de 90 illustrations dont la plupart sont inédites. Pour les plus passionnés, Dany Laurent a également laissé ses quelque 230 notes, renvoyant aux divers ouvrages auxquels il s’est référé.

 

Un ouvrage unique

 

Par ailleurs, notons que “Le Tréport et ses gens de mer aux XVIIe et XVIIIe siècle” a valeur d’exemple puisqu’il s’agit du tout premier ouvrage relatant une étude démographique concernant un port haut-normand.

 

Avec ce livre, c’est l’occasion pour jeunes et moins jeunes de découvrir l’histoire de leur région, de leur ville et d’apprendre, par exemple, qu’entre le XIIIe et le XVIe siècle, la ville du Tréport fut brûlée une douzaine de fois, d’où l’absence plus ou moins importante de monuments anciens. Parmi les différentes planches d’illustrations qui composent l’ouvrage, on trouve, entre autres, différents documents relatifs à la Tour François Ier, qui se trouvait à proximité des locaux actuels du Musée des Enfants du Vieux Tréport, mais aussi des plans de l’Hôtel de Ville datant de 1781, ou encore d’anciens plans de Criel-sur-Mer laissant apparaître des fortifications et une cour.

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Source :

http://www.linformateur.com/news/fullstory.php/aid/6558/Le_Tr%E9port_d'antan_analys%E9_par_un_Tr%E9portais_d'aujourd'hui_.html

par Phil publié dans : Oeuvres diverses
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Jeudi 23 octobre 2008
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par Phil publié dans : Les gravures et les peintures
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Mercredi 22 octobre 2008

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par Phil publié dans : Le phare du Tréport
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Mercredi 22 octobre 2008

 

Paru le : 13 Avril 2006
Éditeur : Privat, Toulouse
Genre : Roman historique
Auteur :  Bruno Garraud

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Résumé

Une enquête où l'appât du gain devient le principal enjeu. D'un enfer, à l'autre, des tranchées au Débarquement en passant par le bagne de Guyane, Dempsey, Ernst, Lufbery et les autres tentent de faire face aux situations extrêmes auxquelles ils sont confrontées : amour, meurtre, évasion, aventure. Une partie de l’action se déroule  au Tréport.

Quatrième de couverture

Histoire de guerre ou d'argent ? Affaire de soldats ou de chercheurs de trésor ? Héros ou crapules ?
Croix de bois, croix de fer, si je mens... est plus qu'un simple récit de combat ; il met en scène une véritable enquête où l'appât du gain devient le principal enjeu. D'un enfer à un autre, des tranchées au débarquement en passant par le bagne de Guyane, Dempsey, Ernst, Lufbery et les autres tentent de faire face aux situations extrêmes auxquelles ils sont confrontés : amour, meurtre, évasion, aventure...
Les destinées de ces hommes, pourtant de nationalités et de milieux sociaux différents, se rejoignent des deux côtés du front. La recherche d'un trésor les réunit alors qu'apparemment rien ne les rapproche si ce n'est la convoitise. C'est ce fil rouge qui les mènera peut-être au fameux butin caché au val au Prêtre, non loin de Dieppe. Qui donc, dans ce roman réaliste teinté d'humour, relèvera le mieux le défi : « Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer » ?

par Phil publié dans : Oeuvres diverses
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Mardi 21 octobre 2008
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par Phil publié dans : La rue de Paris
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Mardi 21 octobre 2008

Le trésor du val au Prêtre, la valleuse qui descend vers la Manche entre Belleville-sur-Mer et Berneval-le-Grand, a-t-il existé ? Non ! Féru d’histoire, publie un roman qui invente une chasse autour de ce trésor mystérieux.

 
Aujourd’hui encore, les rumeurs courent la campagne. Dans les cercles fermés des chasseurs de trésors, il se dit que le val au Prêtre abrite un mystérieux pactole. Nul ne l’a jamais trouvé. Pour d’autres, il se murmure que M.B., ferrailleur dieppois au début des années 1960, avant d’entamer une brillante ascension sociale qui l’amena dans le petit noyau des décideurs économiques de la région dieppoise, aurait trouvé par hasard, aux alentours de 1964, une grosse quantité d’or dans les remblais de la zone industrielle en construction. Est-ce le même or que celui du val au Prêtre amené là par les hasards des besoins d’un chantier ? Seul un des ces promeneurs assidus qui arpentent le val au Prêtre régulièrement avec un détecteur de métaux ou un archéologue qui fouillerait d’ici quelques siècles la zone industrielle de Dieppe pourraient nous fournir la réponse »…

 

Ainsi s’achève le premier roman de Bruno Garraud, médecin tréportais né à Dieppe, fils du conseiller général Jean Garraud, frère de l’avocat François Garraud et élu de Blangy-sur-Bresle. Ce féru d’histoire - et d’histoire locale en particulier - vient en effet de publier chez Privat « Croix de bois, croix de fer, si je mens… », une pure fiction qui se déroule dans le milieu des combattants de 1917 qui retourneront au front un certain… 19 août 1942 où s’achève l’histoire.

 

Pour nous, c’est là que commence le mystère. Ainsi donc, une légende courrait sur le val au Prêtre, cette valleuse qui descend vers la Manche entre Belleville-sur-Mer et Berneval-le-Grand ? A part un coteau usé par les pneus des motos de cross qui le rabottent, nous n’avons pas trouvé d’arbres marqués des lettres Y, M, C et A. Encore moins de trésor… En fait, Bruno Garraud a tout inventé de A à Z… Dommage !

 

« L’or ! L’or ! Si près, au val au Prêtre »

 

Car dans la fiction de Garraud, c’est là que deux soldats, le Français Dupré et le Canadien Lufbery, cachèrent, le 25 août 1917, un magot repris à des Allemands faits prisonniers en mission ultra-secrète. Ils devaient convoyer un magot. « L’or provenait du pillage d’Amiens. Le 31 août 1914, les troupes allemandes, talonnant les Français qui se retiraient, occupèrent la ville. Elles s’emparèrent de fourgons d’intendance contenant des lingots d’or. le pillage des banques et des maisons particulières arrondit le trésor de guerre ».

 

Mais la mission allemande est faite prisonnière par les Anglais. Le Canadien est mis dans la confidence de l’or, et avec le Français, il va le cacher à Belleville. « Ils traversèrent Berneval où de petites chaumières se dressaient autour d’une mare, et poursuivirent par la route littorale. Au bout d’un kilomètre, Dupré désigna une valleuse qui descendait vers la mer. Un petit chemin se perdait dans le feuillage d’arbres qui poussaient dans le fond de la valleuse, à l’abri du vent si fréquent dans la région. Le Canadien escalada un talus en s’accrochant à l’herbe (...) L’endroit lui convenait. Il rejoignit Dupré, prit deux pelles et deux pioches à l’arrière du camion et entraîna son complice.»

 

« - Nous allons creuser auprès de ces quatre petits arbres (...) Une fois le trou creusé, une heure fut nécessaire pour ramener les caisses jusqu’à la cachette. Ils recouvrirent l’emplacement avec des mottes de terre et quelques branchages. Le Canadien sortit son couteau et grava une lettre dans l’écorce de chacun des quatre arbres : Y, M, C, A.

 

La suite de l’histoire, et les pérégrinations des soldats anglais, français, canadiens et allemands qui connaissent l’existence de cet or, se passent à Dieppe, Biville, Criel, Le Tréport, le bagne de Cayenne en Guyane, l’Amérique du Sud et de nouveau Dieppe et son « bagne », la prison du Pollet. Pour s’achever un certain

19 août 1942, lors du débarquement anglo-canadien où décède sur la plage de Dieppe le dernier aventurier dans la confidence, un certain Dempsey. Qui dans un dernier souffle murmure à sœur Marie-Dominique : « L’or ! L’or ! Si près… Au val au Prêtre. - Que dites-vous, mon fils ? Vous voulez un prêtre ? »

 

O.B.

 

Le 19 août 1942 vu par le romancier

Morceaux choisis de la fin du roman qui se déroule sur les plages du raid anglo-canadien du 19-Août-1942 :

 

- « Enfin, après des mois d’attente, d’entraînement, d’espoirs déçus, les hommes allaient s’élancer de Portsmouth vers Dieppe ce 18 août 1942 ».

 

- « Alors que son landing-craft dépassait la jetée du port de Southampton, cap sur Puys, à trois kilomètres à l’est de Dieppe (...) Il se murmura alors que l’on allait débarquer à Dieppe. Dieppe ! Depuis longtemps déjà, ce nom était gravé dans sa mémoire comme un Eden inaccessible où, un jour peut-être, il irait chercher l’or que son père n’avait pu aller prendre avant sa mort ».

 

- « Le 19 août 1942, à 4 h 45, le premier landing-craft accosta dans l’obscurité sur Yellow Beach n° 2, nom de code de la plage de Belleville-sur-Mer (...) Le gros du commando n° 3 débarquait à Berneval (...) A 7 h 45, à court de munitions, le commando se replia. Un homme descendit en avant-garde à la plage pour avertir le landing-craft par un tir de fusée. Les autres dégringolèrent ensuite vers la mer par le val au Prêtre ».

 

- « Jack Lufbery était mort, comme deux cent six autres hommes de son régiment, étalés sur les galets de Puys ou entassés sur un mètre de hauteur au pied du mur infranchissable. Dans l’aube naissante, la première vague d’assaut fonçait droit sur Dieppe. L’Essex Scottish débarquerait à 5 h 20 sur la partie est de la plage baptisée « Red Beach ». Dempsey, lui, serait à l’ouest, sur White Beach, avec le Royal Hamilton Light Infantry (...) Le régiment était cloué par la puissance de feu des Allemands retranchés dans les maisons du front de mer et dans le casino fortifié ».

 

- « A 11 heures, l’ordre de rembarquement grésilla dans les radios »…

 

                                                Source : Les Informations Dieppoises

                         http://www.infos-dieppoises.fr/Archives2006/RomanBrunoGarraud.htm 

 

par Phil publié dans : Oeuvres diverses
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