
Secrétaire-archiviste et capitaine-adjudant et leur personnel à l'extérieur d'une tente, Hôpital général canadien no 2, Le Tréport, France
1917
Dany Laurent,
professeur d’histoire originaire du Tréport et membre actif de l’association des Enfants du Vieux Tréport, vient tout juste de publier un livre intitulé “Le Tréport et ses gens de mer aux XVIIe
et XVIIIe siècle”, sorti le week-end dernier. Ce livre est en fait l’aboutissement de nombreuses années de travail menées dans le cadre d’un mémoire de maîtrise universitaire; en effet, en 1987,
Dany Laurent a commencé à copier un à un les différents actes de baptêmes, de mariages et de sépultures concernant la ville du Tréport, d’abord datant du XVIIIe siècle, puis du XVIIe. Au total,
la consultation des archives municipales et départementales l’ont amené à recenser plus de 16000 actes et à reconstituer et classer les familles, par ordre alphabétique et par couple. Une fois
recopiées, ce sont 2000 fiches de familles que Dany Laurent a enregistrées sur ordinateur. Ces 500 à 1000 pages de statistiques ont ensuite permis à cet historien passionné d’étudier les
mouvements de conception et de mariage des gens; ainsi, il s’est par exemple rendu compte qu’à cette époque là, lors de la saison du hareng, les mariages et la conception d’enfants diminuaient
systématiquement.
Avec cet ouvrage, réplique exacte de son mémoire universitaire (les bibliographies en moins), Dany Laurent avait pour objectif de réaliser un livre pédagogique accessible à tous. C’est dans cette optique que parmi les 160 pages que comprend l’ouvrage, l’historien a décidé d’insérer plus de 90 illustrations dont la plupart sont inédites. Pour les plus passionnés, Dany Laurent a également laissé ses quelque 230 notes, renvoyant aux divers ouvrages auxquels il s’est référé.
Un ouvrage unique
Par ailleurs, notons que “Le Tréport et ses gens de mer aux XVIIe et XVIIIe siècle” a valeur d’exemple puisqu’il s’agit du tout premier ouvrage relatant une étude démographique concernant un port haut-normand.
Avec ce livre, c’est l’occasion pour jeunes et moins jeunes de découvrir l’histoire de leur région, de leur ville et d’apprendre, par exemple, qu’entre le XIIIe
et le XVIe siècle, la ville du Tréport fut brûlée une douzaine de fois, d’où l’absence plus ou moins importante de monuments anciens. Parmi les différentes planches d’illustrations qui composent
l’ouvrage, on trouve, entre autres, différents documents relatifs à la Tour François Ier, qui se trouvait à proximité des locaux actuels du Musée des Enfants du Vieux Tréport, mais aussi des
plans de l’Hôtel de Ville datant de 1781, ou encore d’anciens plans de Criel-sur-Mer laissant apparaître des fortifications et une cour.
Il y a un siècle, en 1908, l'année avait connu une actualité importante avec des faits divers, la réélection de Paul Bignon à Eu, les premiers essais du funiculaire au Tréport et les grèves verrières.
En janvier 1908, la promenade des Terrasses est achevée sur les hauteurs du Tréport.
En février, un dauphin s'échoue sur les rochers de la plage de Mers.
Début avril, un drame secoue Saint Pierre-en-Val : Un jeune homme étrangle sa maîtresse, avant de se jeter dans une citerne.
À Dieppe, se produit un grave accident pendant les travaux du port : deux hommes sont blessés par l'explosion accidentelle d'une cartouche de dynamite dans un caisson.
Le 26 avril se déroule à Eu une grande cavalcade historique, dont le thème est l'arrivée de Napoléon et de Marie Louise. Le couple impérial avait visité la ville le 26 mai
1810.
À Escarbotin, pour le 1er mai, les fils télégraphiques sont coupés, tandis que des tessons de bouteilles sont dispersés sur la route pour empêcher tout déplacement de
cavalerie.
Grand prix sur le circuit de la Seine-Inférieure
Le 3 mai, Paul Bignon est réélu maire de la ville d'Eu (1 002 voix sur 1 062 !).
À la mi-mai, la maçonnerie du tunnel du funiculaire du Tréport est achevée et la voie va être posée. Au même moment, une grève éclate à l'agence maritime. 180 dockers tréportais se syndiquent. Le
travail ne reprendra qu'à la mi-juin. Hecquet et Bouté, les leaders syndicaux, sont renvoyés. Seuls 130 dockers sur les 220 sont réembauchés.
Le 29 juin a lieu le premier essai du funiculaire du Tréport. Le 1er juillet, le comte d'Eu, accompagné de sa femme et de son fils, est parmi les premiers à effectuer la montée par le
funiculaire. 15 jours plus tard, le cap des 1 000 voyageurs est franchi.
Le 3 juillet, plusieurs entrepôts de l'agence maritime du Tréport sont détruits par un incendie (400 000 francs de dégâts).
Le 6 juillet se déroule le grand prix de l'ACF, course automobile sur le circuit de la Seine Inférieure. Le vainqueur est Lautenschlager sur Mercedes. La course est endeuillée par la mort du
pilote Cissac et de son mécanicien Schaub, à Sept Meules, lors du dernier tour de piste.
Le 30 juillet, les verriers de Blangy se mettent en grève, suite au renvoi d'Abel Pilon, président de leur syndicat.
Début août, un chalutier débarque au port du Tréport, une torpille, perdue par le sous-marin Espadon, au cours d'un exercice. Un torpilleur ramènera l'engin à Cherbourg.
Le 6 septembre, suite à la grève de Blangy, le lock out général est décrété par les maîtres verriers dans toutes les verreries syndiquées de la vallée de la Bresle.
Fin septembre, le chalutier tréportais Sainte Lucie et Sainte Marthe coule en 5 minutes, en talonnant l'épave du Chevington, devant Criel.
Le 15 octobre, des personnalités inaugurent le buste de Michel Anguier, à Eu. Dans l'après midi, elles coupent le ruban du nouvel hôpital hospice du Tréport. Et sont accueillies sous les huées
par plusieurs centaines de manifestants verriers sortant d'une réunion, route de Dieppe.
Fin octobre, le travail reprend dans les verreries de la vallée. Abel Pilon reste congédié. Sans être anéantis, les syndicats verriers sont néanmoins durablement affaiblis.
Le 1er novembre, un incendie détruit les moulins Packam, à Eu (300 000 francs de dégâts). 15 ouvriers sont au chômage. L'habitation de M. Rabion, exploitant du moulin, est plus ou moins pillée,
sous couvert de « sauvetage ».
En décembre, les ateliers et fonderies de l'abbaye du Lieu Dieu, à Beauchamps, obtiennent une médaille d'or à l'exposition internationale de Marseille.
Le 13 décembre, Amédée Scobart meurt subitement. Il avait créé les verreries de Vieux Rouen et de Feuquières (Oise) et était le président du syndicat patronal des maîtres verriers de Normandie.
Ses obsèques ont lieu en présence de 1 200 personnes.
De notre correspondant
BRUNO GARRAUD
http://www.courrier-picard.fr/
Dany Laurent relate l'échouement du « Saluto » en 1904. Ce livre, comportant des documents inédits, permet de porter un regard nouveau et original sur l'histoire de la cité portuaire. En 1985, étudiant à la faculté d'histoire de Rouen, Dany Laurent effectue régulièrement des recherches. Par hasard, il découvre une liste d'émargement émanant du Sénat du grand duché de Finlande indiquant les noms des sauveteurs qui ont secouru les marins du « Saluto », navire en difficulté après son échouement au large du Tréport en 1904. Issu d'une famille de marins pêcheurs Tréportais, l'étudiant en histoire passe en revue chaque nom, et, surprise, en fin de liste, découvre le patronyme de son arrière-grand-père paternel, Dieudonné. Depuis, Dany Laurent a accumulé une somme impressionnante de documents qui relatent l'événement. Une exposition présentée dans les locaux du musée des enfants du vieux Tréport avait donné lieu en 2004 à quelques surprises. Une carte postale représentant la barque dans laquelle avait pris place les sauveteurs a permis, par exemple, à des Tréportais de découvrir le visage de leur aïeul. « Une personne s'est même rendu compte qu'elle était mariée avec un descendant d'un sauveteur du Saluto », précise Dany Laurent.
Le compas du navire le coffret à pharmacie, une chaise et une table
L'historien ne s'est pas contenté d'identifier les sauveteurs et les membres de l'équipage du « Saluto ». Il a minutieusement reconstitué leur parcours, y compris la date de leur mariage et de leur première navigation dans le contexte de la vie maritime et du port de l'époque. Des objets provenant du « Saluto » lors de son échouement avaient été récupérés par des familles tréportaises. Cent ans après, Dany Laurent a ainsi pu découvrir le compas du navire, le coffret à pharmacie, une chaise et une table. La plaque du navire a été retrouvée, on ne sait pourquoi, au premier étage d'une maison de Mers, à l'emplacement de l'ancienne agence du Courrier Picard. L'échouement du « Saluto », avec Dany Laurent, est devenu un événement qui permet de porter un regard inhabituel, et original, sur la vie maritime. Autre hasard, David Delafenêtre, l'un des amis étudiants de Dany Laurent, deviendra un spécialiste des migrations fenno-scandinaves vers l'Amérique du Nord. Ancien professeur des universités de Vancouver (Canada), il jouera un rôle essentiel dans les relations que Dany Laurent nouera, pour ses recherches, avec le musée finlandais de Mariehamn. L'aventure du « Saluto », de son équipage et des sauveteurs ne pouvait se conclure que par l'édition d'un ouvrage préfacé par David Delafenêtre, qui résume bien la démarche inscrite à chaque page de ce livre : « C'est en fin de compte le sauvetage d'une partie de la mémoire collective des Tréportais qu'a accompli Dany Laurent. L'autre grand mérite de cette contribution à l'histoire maritime est de mettre en relief la connexion qui existe entre le patrimoine culturel et socio-économique de différentes cités portuaires ».
De notre correspondant JACKY MAUSSION
http://www.courrier-picard.fr/
Le livre sur l'échouement du Saluto comprend 48 pages sur un format A4. Il comporte soixante illustrations et sera vendu au prix de 14,50 euros. Une souscription est d'ores et déjà ouverte. Il devrait être à la disposition du public le 15 décembre. Renseignements : 02 35 86 13 36. Dany Laurent a publié l'année dernière « Le Tréport et ses gens de mer aux XVIIe et XVIIIe siècle ».
Paru dans le JDD Dimanche 11 Mai 2008
Durant la Grande Guerre, quelques 600 poilus sont exécutés "pour l'exemple".
Leur crime? Avoir déserté la ligne de front. Quatre-vingt dix ans après, leur réhabilitation est à l'étude. C'est ce qu'a annoncé dimanche sur France Info le secrétaire d'Etat aux Anciens
combattants, Jean-Marie Bockel. Le JDD a rencontré des personnes qui se battent pour la mémoire de ces soldats.
C'est un médecin qui s'est mis en tête de prendre soin d'un mort. Dès qu'il range son stéthoscope, Bruno Garraud, généraliste au Tréport (Seine-Maritime), plonge dans l'histoire de la Première
Guerre mondiale, son autre passion. Une voisine d'un certain âge attire un jour son attention sur le malheureux destin d'un certain André Lecroq, fusillé pour l'exemple en 1915. Après
l'armistice, alors que l'on pleurait les poilus tombés au champ d'honneur, le soldat Lecroq fut, lui, banni du monument aux morts et sa veuve privée de pension. Son crime ? Avoir abandonné la
ligne de front pour rejoindre, dans un état second, le poste de commandement.
Là où la justice militaire a condamné un "abandon de poste", Bruno Garraud diagnostique, en s'appuyant sur le compte rendu du conseil de guerre, un état de folie passagère. "Ce
n'était ni un salaud ni un lâche, plutôt un courageux. Mais la guerre l'a rendu fou." Comme l'attestent les archives, Lecroq aurait mérité la clémence réclamée par ses supérieurs directs.
Mais "le général de brigade a voulu faire un exemple. Le combat était rude, il fallait stimuler les troupes". A force de conviction, le médecin a obtenu que le nom du soldat fusillé
("une victime de guerre comme les autres") soit rajouté sur le monument aux morts.
Preuve que tous les comptes n'ont pas été soldés avec la plus grande saignée de l'histoire de France. Quatre-vingt-dix ans après la fin du conflit, ils sont encore des dizaines de remue-mémoire à
se battre pour le souvenir des quelque 600 poilus fusillés pour l'exemple entre 1914 et 1918. Parmi eux, on trouve des passionnés d'histoire déterminés à laver l'honneur de ces anti-héros, des
descendants des combattants frappés d'opprobre qui bataillent pour déterrer les secrets de famille et une poignée de militants pacifistes, convaincus que l'heure de la réhabilitation a enfin
sonné.
"Le droit à la désobéissance"
Fer de lance de ce combat avec la Ligue des droits de l'homme
(LDH), l'association La libre pensée - qui organise un rassemblement samedi prochain à Craonne (Aisne) - a été reçue le mois dernier par Edouard Guillaud (1), chef d'état-major particulier du
président de la République. "Nous avons été écoutés avec attention. Serons-nous entendus ? Il est difficile de faire un pronostic. D'un côté, il n'est pas impossible que les choses bougent
car ce serait un beau symbole pour le 90e anniversaire de la fin de la guerre. De l'autre, il est à craindre qu'un gouvernement de droite ne veuille pas mettre en avant le droit à la
désobéissance", hésite Christian Eyschen, secrétaire général de l'association.
Si l'Elysée se refuse à tout commentaire, le dossier y est bien à l'étude, dans le cadre d'une réflexion plus globale sur la commémoration de 14-18 après la mort du dernier poilu français. Même
prudence dans l'entourage du secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, où l'on précise toutefois avoir exhumé les minutes des conseils de guerre de l'époque : "Nos spécialistes ont commencé
l'examen des 600 condamnations à mort."
La demande de réhabilitation des fusillés pour l'exemple n'est pas nouvelle. Venu honorer la mémoire des combattants du Chemin des Dames, à Craonne, en 1998, Lionel Jospin, alors Premier
ministre, avait souhaité que les fusillés "réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale". Le discours avait suscité un tel tollé à droite, en cette période de cohabitation,
qu'il avait été abandonné en rase campagne. "L'opinion publique est peut-être plus mûre aujourd'hui. Le président de la République pourrait avoir la tentation de faire un joli coup
politico-historique en abordant un thème cher à la gauche au moment où la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne", analyse un connaisseur de la question.
"Le temps d'une mémoire apaisée"
Au niveau local, en tout cas, le clivage droite-gauche s'est
évaporé. Le conseil général de l'Aisne a ainsi adopté, le 16 avril dernier, à l'unanimité, un voeu invitant la France à "reconnaître" les fusillés et à inscrire leurs noms sur les
monuments aux morts : "Sans chercher à réécrire l'histoire ou à l'instrumentaliser, peut désormais venir, après le temps des tabous et des polémiques, le temps d'une mémoire
apaisée."
Les historiens, eux, ne sont ni unanimes... ni apaisés. Jean-Jacques Becker, professeur émérite de l'université Paris X-Nanterre et grand spécialiste de la guerre (2), est plutôt hostile à une
éventuelle réhabilitation. "De quoi se mêle le conseil général de l'Aisne ?" demande-t-il. La notion même d'exemplarité des condamnations lui semble discutable: "Ces soldats ont été
jugés par les tribunaux militaires, il y a sans doute eu des erreurs judiciaires mais la forme a été respectée. Il serait faux de dire qu'ils n'étaient coupables de rien."
S'il refuse de prendre une position tranchée, le général André Bach (3), ancien chef du Service historique des armées, estime, lui, que le sort des fusillés mérite d'être réexaminé : "Les
contraintes sur la troupe ont été très fortes. Dès le début de la guerre, on a fusillé pour l'exemple, les archives le démontrent." Cet ancien parachutiste ajoute qu'il n'est jamais inutile
de lever le voile sur les tabous: "La peur dans les yeux des soldats, je l'ai vue pendant la guerre du Liban. Cette expérience du terrain a peut-être nourri ma réflexion."
(1) Un rendez-vous rapporté par le site Mediapart.
(2) L'Année 14, Armand Colin.
(3) Fusillés pour l'exemple - 1914-1915, Tallandier.
Le dernier roman de Bruno Garraud
Le destin de Jules Roubot ou quinze années de vie d'un homme emporté par le remous de son époque. Normandie, 1904.
Adolescent, Jules est verrier comme ses ancêtres. Le temps pour lui de découvrir l'amour, mais aussi les luttes avec l'arrivée des syndicats. En août 1914, il est mobilisé. Suivent quatre années
au cours desquelles il connaîtra la cruauté des tranchées de l'Artois et de Verdun.

La partie en ruine à gauche de l'église sont les ruines du bâtiment repéré N sur le plan joint. D’après la légende en latin du document extrait du
« Monasticon Gallicanum », il s’agit de l’infirmaria que l’on pourrait traduire par « infirmerie ».
Le « Monasticon Gallicanum » est un recueil de
168 planches gravées au trait, la plupart dans le dernier quart du XVII siècle, représentant en élévation-perspective dans leur état du moment, 147 des principaux prieurés et abbayes bénédictines français affiliés à la Congrégation de Saint Maur...
Collection et commentaire Jean-Luc
Dron
http://jeanluc.dron.free.fr

Pour aller vendre leur marchandise dans la campagne environnante, les marchandes de poissons de Tréport utilisaient des chiens pour tirer leur charrette. En 1897, dans 59
départements français, on permettait encore la circulation des voitures à chiens. Mais dans les 28 autres, des arrêtés préfectoraux, s'inspirant de la loi Grammont de 1850 pour la protection des
animaux, l'interdisaient formellement. La position de trait entre les brancards ne convient guère à une bête dépourvue de garrot, surtout quand elle doit supporter de lourdes charges. En
Seine-Inférieure, l’usage sera interdit par décret du 30 mai 1898.
Collection et commentaire Jean-Luc
Dron
http://jeanluc.dron.free.fr
| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires